PHOTOGRAPHE

© Caroline de Otero

Photographe et réalisatrice franco espagnole née en 1962, après avoir travaillé à Paris pour différentes productions de cinéma comme chef opérateur, elle conjugue avec talent exposition de son travail photographique et réalisation de vidéos documentaires.

Depuis 1994 elle expose essentiellement au Pays Basque, des deux côtés des Pyrénées, et réalise de nombreux films, notamment en partenariat avec le CCN ​Malandain Ballet Biarritz, la Base Sous-Marine de Bordeaux, l’Institut Culturel Basque... et a reçu l’an passé le 2ème prix de l’exposition “Regards d’Artistes sur la Diaspora Basque” avec sa série “Totem”, exposition organisée par Eusko Ikazkuntza, qui a voyagé, comme son peuple, dans les 7 provinces Basques.

A propos du travail de Caroline de Otero, Marcel Paquet écrit "Toute réalité est double, est scindée entre elle-même et son image spéculaire, entre elle-même et ce qui peut se voir d'elle-même dans un miroir ou, par exemple, par le biais d'une photo. C'est pourquoi Hans Bellmer disait : "un objet identique à lui-même est sans réalité" : un tel "objet" ne serait en effet rien que l'inappétence pure de Dieu ou bien l'un de ces purs fantômes que sont les vampires et dont l'absence de reflets prouve aux esprits positifs qu'ils ne sont que du néant.

Un actuel sans virtuel ne serait pas même actuel.

L'actualité et la virtualité diffèrent certes l'une de l'autre, mais c'est cette différence qui est constitutive de la réalité. Il n'y a pas d'un côté un modèle réel et de l'autre, séparée de lui, une copie virtuelle.

La photographie n'est pas un art de l'utopie, mais de l'hétérotopie.

Pensez, c'est penser les deux ; photographier, c'est faire voir les deux en même temps, à partir de leur différence même.

C'est à quoi peu de photographes parviennent qui restent, au fond, prisonniers de l'image platonicienne de la pensée ou de la géographie mentale inhérente à la théologie.

Mais c'est à quoi parviennent les plus rares, les plus créateurs et parmi eux, Caroline de Otero, qui ne capte ni ne fixe jamais de l'actuel, mais toujours le lien de l'actuel et du virtuel, la différence donc de l'objet et de son image ou parfois même de l'"objet" et de son absence d'image.

Il en va ainsi de ses émouvantes photos des objets-symboles de la chrétienté (série crucis), signes plantés dans les paysages des campagnes et qui accrochent du vide à leur calme et troublante sérénité".

Caroline de Otero présente dans l'exposition "Temporis opus" deux séries très colorées de clichés : l’une sur l’Andalousie « intemporelle » qui se lit à double sens puisque dans chaque photographie vient se refléter un autre visage de l’espace à travers le jeu d’un miroir aussi espion que révélateur, catalyseur de lumière et accélérateur émotionnel. L’autre série, « Autels particuliers », pénètre tout en douceur dans l’intimité des siciliens, en captant cette foi invisible qui se fait ostensible, comme un cri, une supplique, une dévotion extraordinaire à tous les symboles de la Création, du Créateur, et de ses créatures, une prière d’Amour, la protection contre la colère de Dieu et des éléments, un espoir, un hommage, une vie consacrée. Temporis opus… ad libitum…

Autels particuliers
Andalucia
Mucem
Crucis
Urban Los Angeles
Quotidie
Totems
Quotidie
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Caroline de Otero, l'émotion du détail

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